Le bleu du ciel

Voyage au Nord de l’Inde

landslide Kinnaur

Nous sommes partis à la rencontre des sources du ciel avec le projet de voir les grands lacs d’altitude. Ironie du sort, l’eau était si présente que nous ne sommes jamais arrivés aux lacs!

Même si parfois, nous étions bien haut en altitude, ce n’est pas le bleu du ciel que nous avons trouvé. Bien plus souvent tout était gris ou vert. Les pluies, discrètes mais bien présentes, continuaient à rendre les routes instables et nous nous sentions peu à l’aise sur les hauteurs car les nombreux glissements de terrain autour de nous donnaient la sensation que nous escaladions des montagnes de sucre en poudre. Tout semblait s’effriter à mesure.

Chez nous, ce genre de route seraient simplement fermées à la circulation. Avant de les parcourir, nous nous étions pourtant bien renseignés mais pour les habitants de la région, il n’y avait aucun problème : la route était ouverte, mauvaise, mais ouverte! Les routes tombent autour de la mousson, de la même façon que les arbres  perdent leurs feuilles chez nous à l’automne. C’est devenu une sorte de normalité. Cette année elles tombent plus fréquemment et plus largement, pour la simple raison que les précipitations sont plus abondantes.

Pour nous, c’est comme une grande alarme qui s’est mise en route dans nos têtes. Après de nombreux petits signes d’essoufflements, nous sommes arrivés au delà des limites de ce que notre environnement peut supporter. Il y a certainement de nombreux lieux sur la planète, de nos jours,  qui poussent à toucher cette vérité du doigt et nous sommes conscients que le Kinnaur n’est probablement pas le pire. Mais pour nous, c’est ici, après plusieurs jours de fin de monde qui n’en finissaient pas, qu’une page se tourne et nous pousse à l’action.

La population du Kinnaur, convaincue que la Terre et les dieux expriment ainsi leur mécontentement, était descendue dans la rue quelques semaines avant notre périple pour appeler le gouvernement à revoir ses projets de barrages et de routes qui perturbent gravement l’équilibre fragile et instable des lieux.

Et les dieux sont importants dans un tel pétrin car il faut avoir la foi pour oser y être… C’est peut être pour cela que les habitants du Kinnaur sont considérés comme des demi-dieux vivants au-delà du monde habitable.

Au cours de la pire journée de voyage sur des routes qui tombaient à mesure que nous avancions, voilà que notre chauffeur nous demande si nous croyons en Dieu. A son avis, il n’y a que comme cela qu’il est possible de passer! Il a peut être raison…

Quand à la colère de la terre, ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi elle est invoquée, car les glissements de terrain sont bien plus forts et présents aux alentours des barrages et se trouvent en grande majorité liés aux routes.

Cela nous renvoie très directement à notre mode de vie, car pour exploiter les ressources naturelles d’une façon aussi peu sensée ou responsable, il faut un grand nombre de personnes qui jouent à l’autruche et refusent de réaliser que notre façon de vivre ne convient plus à notre survie… ou en tout cas dans un premier temps à la survie de certaines populations.

Avec des slogans et de grands moyens financiers, la rivière Satluj ou Sutlej est détruite avec sa vallée. Cette eau qui depuis le lac Manasarovar au Tibet amène les bénédictions du Kailash en Inde, ne sert bientôt plus que les intérêts de quelques grandes compagnies privées. Et l’on se demande vraiment comment, dans un écosystème aussi fragile, autant de projets fous peuvent voir le jour.

no dream

En ce qui nous concerne, après plusieurs jours de voyages dans des conditions vraiment mauvaises, il nous a fallu rebrousser chemin car la route est tombée en amont et nous préférions ne pas attendre sa chute en aval!

Pour aller plus loin:

http://www.hindustantimes.com/India-news/HimachalPradesh/Kinnaur-road-widening-work-threat-to-ecology-lives/Article1-1105934.aspx

http://news.realhimachal.com/kinnaur-residents-want-to-review-on-sutlej-hydropower-projects.html

http://www.indianexpress.com/news/kinnaur-landslide-people-demand-probe/580319/

http://hillpost.in/2013/09/himalayas-for-water-not-monetizing-sundar-lal-bahuguna/96117/

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